Taux d’endettement: définition

Le taux d’endettement désigne la part de vos revenus consacrée au remboursement de vos dettes, en particulier les charges hypothécaires liées à l’achat de votre logement avec un prêt immobilier. En Suisse, ce ratio est l’un des indicateurs centraux utilisés par les banques, assurances et caisses de pension pour décider si votre projet immobilier est supportable à long terme pour votre budget.

> Comment diminuer votre taux d'endettement ?

Comprendre le taux d’endettement en Suisse

Lors de la procédure d’obtention d’un crédit hypothécaire en Suisse, le taux d’endettement permet de répondre à une question simple : vos revenus sont-ils suffisants pour assumer durablement toutes vos charges fixes ? Il ne s’agit pas seulement de vérifier si vous pouvez payer la première année, mais d’évaluer votre situation sur la durée (horizon de détention du bien), même si les taux d’intérêt remontent ou si vos dépenses augmentent.

Concrètement, le taux d’endettement met en relation :

  • vos revenus bruts réguliers (salaire, revenus indépendants stabilisés, rentes) ;
  • vos charges hypothécaires théoriques (intérêts, amortissement, entretien) ;
  • et vos autres engagements financiers (leasing, crédits à la consommation, pensions alimentaires, etc.).

Les établissements prêteurs suisses (banques, assurances, caisses de pension) appliquent en général une règle simple : les charges hypothécaires théoriques et les autres dettes ne doivent pas représenter plus d’environ un tiers de votre revenu brut. Au-delà, votre budget est considéré comme trop tendu, avec un risque accru de difficultés de paiement à moyen ou long terme.

Comment les prêteurs calculent votre taux d’endettement

Le calcul du taux d’endettement pour un crédit hypothécaire ne se fait pas sur la base de vos coûts réels actuels, mais sur la base d’hypothèses prudentes. Cette approche prudente protège à la fois la banque et vous, en intégrant une marge de sécurité en cas de hausse des taux ou de changement de situation.

De manière schématisée, la formule utilisée est la suivante :

Taux d’endettement = (charges hypothécaires théoriques + autres dettes) / revenu brut annuel

Les charges hypothécaires théoriques comprennent généralement :

  • Les intérêts théoriques calculés sur le montant de l’hypothèque avec un taux prudent (par exemple autour de 4.5–5% par an), même si votre taux effectif est plus bas au moment de la signature.
  • L’amortissement, c’est-à-dire le remboursement d’une partie du capital, généralement jusqu’à ramener la dette à 2/3 de la valeur du bien sur une quinzaine d’années environ.
  • Les frais d’entretien et charges accessoires, souvent estimés à environ 1% de la valeur du bien par an, pour tenir compte des travaux, réparations et charges de copropriété.

À ces charges hypothécaires, la banque ajoute vos autres dettes récurrentes :

  • leasing de véhicule ;
  • crédit à la consommation ou cartes de crédit non soldées ;
  • pensions alimentaires ;
  • autres engagements réguliers documentés.

Le résultat est ensuite comparé à vos revenus bruts (souvent sur une base annuelle). Si le rapport est inférieur ou égal à la limite fixée par la banque, votre taux d’endettement est considéré comme acceptable. Sinon, l’établissement estimera que votre projet dépasse votre capacité financière.

Exemple chiffré de calcul du taux d’endettement

Pour rendre la notion plus concrète, prenons un exemple simplifié, dans l’esprit des pratiques usuelles en Suisse.

Vous souhaitez acheter un appartement d’une valeur de CHF 850’000.–. Vous apportez CHF 250’000.– de fonds propres. Le financement hypothécaire représente donc CHF 600’000.–.

La banque calcule vos charges hypothécaires théoriques comme suit :

  • Intérêts théoriques (taux prudent de 5%) : CHF 600’000.– × 5% = CHF 30’000.– par an.
  • Amortissement (par exemple 1% du montant de l’hypothèque par an) : CHF 600’000.– × 1% = CHF 6’000.– par an.
  • Frais d’entretien théoriques (1% de la valeur du bien) : CHF 850’000.– × 1% = CHF 8’500.– par an.

Les charges hypothécaires théoriques annuelles atteignent donc :

CHF 30’000.– + CHF 6’000.– + CHF 8’500.– = CHF 44’500.– par an

Supposons que votre ménage dispose d’un revenu brut annuel de CHF 150’000.– (salaire fixe 13 fois, primes stabilisées). Votre taux d’endettement sur cette base serait :

Taux d’endettement = CHF 44’500.– / CHF 150’000.– ≈ 29.7%

Si vous n’avez pas de leasing important ni d’autres crédits, ce taux d’endettement d’environ 30% se situe en général dans la zone jugée acceptable par de nombreux établissements (sous réserve de l’analyse complète de votre dossier).

En revanche, si vous aviez en plus un leasing de véhicule à CHF 600.– par mois (soit CHF 7’200.– par an) et un crédit à la consommation à CHF 300.– par mois (soit CHF 3’600.– par an), vos autres dettes atteindraient CHF 10’800.– par an. Vos charges totales seraient alors :

CHF 44’500.– + CHF 10’800.– = CHF 55’300.–

Votre taux d’endettement deviendrait :

Taux d’endettement = CHF 55’300.– / CHF 150’000.– ≈ 36.9%

Dans ce scénario, votre taux d’endettement dépasserait clairement le seuil d’un tiers du revenu brut. La banque pourrait juger le projet trop serré et demander une augmentation des fonds propres, une réduction du prix d’achat ou le remboursement préalable de certaines dettes.

Quel taux d’endettement est jugé acceptable pour une hypothèque ?

En Suisse, de nombreuses institutions de financement utilisent la règle des environ 33% du revenu brut. Cela signifie que :

  • en dessous de 30%, votre situation est généralement considérée comme confortable, sous réserve d’autres facteurs (stabilité professionnelle, âge, structure du ménage) ;
  • entre 30% et 33%, votre projet est souvent acceptable, mais l’établissement peut examiner plus finement votre dossier ;
  • au-delà de 33–35%, le risque est jugé trop élevé et le financement tel quel a de fortes chances d’être refusé.

Il ne s’agit pas d’une loi écrite, mais d’une pratique prudentielle largement répandue. Chaque établissement peut appliquer ses propres règles internes, parfois plus strictes, par exemple pour certains types de biens, pour des revenus variables ou pour des personnes proches de la retraite.

Votre taux d’endettement n’est donc pas seulement une valeur mathématique : c’est un indicateur clé de votre capacité à supporter les charges hypothécaires sur la durée. En dessous du seuil, vous avez de meilleures chances d’obtenir un accord, mais cela ne garantit pas automatiquement l’octroi du crédit. Au-dessus du seuil, une adaptation du projet (prix, fonds propres, dettes) est généralement nécessaire.

Couple heureux en travaillant sur leur budget pour acheter leur maison avec un prêt immobilier

Différence entre taux d’endettement et capacité financière globale

Le taux d’endettement est un indicateur central, mais il ne résume pas à lui seul toute votre capacité financière. La banque examine également d’autres éléments :

  • la stabilité de vos revenus (contrat à durée indéterminée, historique d’activité indépendante, etc.) ;
  • l’évolution probable de votre situation (proximité de la retraite, projets familiaux, réduction de taux d’activité) ;
  • le niveau de vos fonds propres et leur origine (épargne, 2ᵉ pilier, donations) ;
  • vos réserves de liquidités de sécurité après l’achat (le « coussin » financier qui reste disponible en cas d’imprévu).

Votre taux d’endettement peut par exemple être inférieur à 33%, mais vous pourriez ne disposer que de très peu de liquidités après l’achat, ce qui vous exposerait fortement en cas de travaux urgents ou de baisse de revenus. À l’inverse, un taux d’endettement légèrement supérieur, mais avec des réserves financières importantes et des revenus très stables, pourrait être accepté dans certains cas.

Pour vous, l’enjeu est d’obtenir non seulement un financement, mais un financement qui reste supportable et serein dans le temps. C’est pourquoi il est utile de compléter la simple notion de taux d’endettement par une vision globale de votre budget, de vos objectifs et de vos projets de vie.

Comment réduire votre taux d’endettement avant une demande d’hypothèque

Si, lors d’une première simulation, votre taux d’endettement semble trop élevé, plusieurs leviers concrets peuvent être envisagés pour améliorer votre dossier avant de déposer une demande formelle.

Voici quelques pistes fréquemment utilisées :

  • Augmenter vos fonds propres : en renforçant votre apport (épargne supplémentaire, versement anticipé du 2ème pilier, 3ème pilier, donation familiale), vous diminuez le montant de l’hypothèque et donc les intérêts théoriques et l’amortissement.
  • Réduire le prix du bien ciblé : adapter légèrement votre budget d’achat peut avoir un impact important sur les charges hypothécaires théoriques et faire passer votre taux d’endettement sous le seuil attendu.
  • Rembourser ou réduire certaines dettes : solder un leasing, un crédit à la consommation ou une dette de carte de crédit peut améliorer sensiblement votre taux d’endettement.
  • Structurer différemment votre projet : dans certains cas, il peut être pertinent d’envisager une propriété en PPE plus modeste, un bien dans une commune légèrement moins chère ou une combinaison d’hypothèques (par exemple une partie à taux fixe, une partie indexée) adaptée à votre profil de risque.
  • Optimiser vos revenus déclarés : pour les indépendants ou les personnes avec des bonus variables, la manière dont les revenus sont documentés et justifiés (attestations, historiques) peut influencer la prise en compte de ces montants par la banque.

Un accompagnement professionnel permet généralement d’identifier les leviers les plus efficaces pour votre situation. Dans certains cas, quelques ajustements ciblés suffisent à rendre un projet finançable, sans renoncer à votre objectif d’accession à la propriété.

Pourquoi faire analyser votre taux d’endettement par un spécialiste indépendant ?

Le calcul d’un taux d’endettement peut sembler simple, mais la réalité est plus nuancée. Chaque établissement applique ses propres hypothèses, sa façon d’intégrer certains revenus (bonus, heures supplémentaires, allocations) et sa manière de prendre en compte vos engagements existants. Une analyse indépendante vous permet de vous situer clairement avant de vous adresser aux banques.

Un courtier ou un spécialiste en financement hypothécaire :

  • vérifie votre taux d’endettement selon les pratiques du marché suisse ;
  • simule plusieurs scénarios (autre bien, autre niveau de fonds propres, utilisation ou non de la prévoyance) ;
  • identifie les points faibles de votre dossier et les mesures possibles pour les améliorer ;
  • vous aide à présenter un dossier cohérent et argumenté auprès des établissements prêteurs.

L’objectif n’est pas uniquement d’obtenir un « oui » pour votre hypothèque, mais de le faire dans des conditions qui restent confortables pour vous. En vous faisant accompagner, vous gagnez en clarté, en temps et en pouvoir de négociation.

Si vous le souhaitez, vous pouvez solliciter une évaluation de votre taux d’endettement et de votre budget avant même d’avoir choisi un bien précis. Cela vous permet de définir une fourchette de prix réaliste, de savoir jusqu’où vous pouvez aller sans mettre en péril votre équilibre financier et d’aborder vos visites de biens avec plus de sérénité. Utilisez également un calculateur hypothécaire pour estimer vos charges dans vos conditions financières actuelles.

Couple qui se fait expliquer comment calculer son taux d'endettement pour obtnenir leur crédit hypothécaire

Conseils pratiques pour maîtriser votre taux d’endettement au quotidien

Au-delà du moment-clé de la demande d’hypothèque, le taux d’endettement est une notion utile pour piloter votre budget sur le long terme. Quelques réflexes simples peuvent vous aider à garder un niveau d’endettement sain.

  • Suivre régulièrement votre budget : mettre à jour vos revenus et dépenses, au moins une fois par année, permet de voir si de nouveaux engagements (abonnements, leasing, crédits) ne viennent pas fragiliser votre marge de manœuvre.
  • Limiter les crédits à la consommation : cumulés, ces engagements peuvent rapidement faire basculer votre taux d’endettement au-dessus des seuils acceptables pour une future renégociation d’hypothèque.
  • Constituer et préserver une réserve de sécurité : garder quelques mois de charges fixes disponibles sur un compte séparé augmente votre résilience en cas d’imprévu.
  • Anticiper les grandes étapes de vie : arrivée d’un enfant, diminution du taux d’activité, départ à la retraite… Autant de situations qui peuvent influencer vos revenus et donc l’équilibre de votre taux d’endettement.

En vous familiarisant avec cette notion, vous gagnez en autonomie et en capacité de décision. Vous pouvez ainsi ajuster vos projets immobiliers, vos économies et vos engagements financiers pour que votre projet immobilier reste une source de stabilité plutôt qu’un facteur de stress.

Note importante

Les exemples chiffrés et les explications présentés ici sont indicatifs et simplifiés. Ils ne constituent ni une offre de financement, ni un conseil financier ou fiscal personnalisé. Les critères d’octroi et les calculs de taux d’endettement peuvent varier d’un établissement à l’autre, et doivent toujours être confirmés par une analyse détaillée de votre situation auprès d’un spécialiste.

Ressources utiles à propos de l’endettement

  • Utiliser la valeur locative et votre dette hypothécaire pour faire diminuer vos impôts
  • Déductions fiscales : comment déduire et combien ?
  • Notre page FAQ peut sûrement à vos autres questions

Auteur : Jean
Expert en prêt immobilier
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